SUPPLÉMENT D'ÂME EN CATALOGNE
Ils sont frères, ils sont jeunes, 33 et 30 ans, mais loin d’être des bleus. Bandol, les côtes de Provence, la Bourgogne, la Nouvelle-Zélande : Arthur a fait le tour des vignobles avant de décider enfin à travailler pour lui. Il soumet l’idée à Eddy, son frère, ingénieur agronome alors en poste pour l’association des Vignerons de la Sainte-Victoire. Ensemble, ils trouvent un terroir en altitude dans le Roussillon. Éric et Leia Monné, propriétaires depuis 2000 du Clot de l’Oum, souhaitent vendre. Les 12 hectares de vieilles vignes entre 400 et 600 mètres d’altitude passent en 2021 du couple aux frangins dont l’enthousiasme pour ces parcelles de schiste, granite et gneiss n’est même pas voilé par deux années de sécheresse. Le potentiel est là et malgré les difficultés climatiques, l’émotion pour les vins reste intacte, aussi bien du côté des clients que de celui des vignerons. Ils adaptent leurs pratiques et lancent la conversion en biodynamie. L’altitude leur apporte la fraîcheur quand l’eau fait défaut et lorsqu’elle revient enfin en 2024, tout est en place. Ils ne sont que deux sur le domaine, travaillent au cheval, élèvent en gros volumes tout en continuant à replanter ce vallon de l’âme, Clot de l’Oum en catalan.
Karine Valentin




